indivision des biens : règles, gestion et sortie en 2026

update Mis à jour le 27 juillet 2026
illustration néo-brutaliste d'une maison divisée en deux pièces de puzzle, symbole de l'indivision des biens

l’indivision des biens désigne la situation juridique où plusieurs personnes détiennent ensemble un même bien, chacune à hauteur d’une quote-part, sans division matérielle. héritage, achat immobilier à deux hors mariage, séparation : l’indivision concerne des millions de foyers français. quote-parts, règle de la majorité des deux tiers, rachat de soulte, droit de partage de 2,5 % : voici comment fonctionne l’indivision en 2026, ce qu’elle coûte réellement et les solutions concrètes pour en sortir ou la financer.

indivision des biens : définition et cadre légal

l’indivision est définie par les articles 815 et suivants du code civil. plusieurs personnes, appelées indivisaires ou coïndivisaires, sont propriétaires ensemble d’un même bien. chacune détient une quote-part abstraite (la moitié, un tiers, 25 %…), mais aucune ne peut revendiquer une partie physique du bien : le salon n’appartient pas plus à l’un qu’à l’autre.

les droits de chaque indivisaire portent sur la valeur du bien, pas sur ses murs. concrètement, un indivisaire à 30 % perçoit 30 % des loyers si le bien est loué, et supporte 30 % des charges, de la taxe foncière et des travaux.

indivision légale ou conventionnelle

on distingue deux régimes :

  • l’indivision légale : elle s’impose par défaut, sans contrat. c’est le cas typique de la succession : au décès, les héritiers deviennent automatiquement indivisaires des biens du défunt jusqu’au partage. c’est aussi le régime par défaut d’un achat à deux en concubinage.
  • l’indivision conventionnelle : les indivisaires signent une convention d’indivision qui organise la gestion (répartition des charges, désignation d’un gérant, durée). elle est conclue pour 5 ans maximum, renouvelable, et doit être notariée dès qu’un bien immobilier est concerné.

les situations qui créent une indivision

  • la succession : cas le plus fréquent, les héritiers sont indivisaires jusqu’au partage des biens ;
  • l’achat en commun : concubins ou pacsés qui achètent leur logement ensemble, chacun à hauteur de son apport et de sa part de crédit ;
  • le divorce : entre la séparation et la liquidation du régime matrimonial, les biens communs passent en indivision post-communautaire ;
  • la donation : un bien donné à plusieurs enfants sans partage crée une indivision entre eux.

comment se gère un bien en indivision ?

la loi organise la prise de décision selon la gravité de l’acte. depuis la réforme de 2006, tout ne requiert plus l’unanimité, ce qui a considérablement fluidifié la gestion des biens indivis.

type d’acte exemples majorité requise
actes conservatoires réparation urgente de toiture, assurance du bien, paiement d’une dette exigible un seul indivisaire peut agir
actes d’administration signer un bail d’habitation, réaliser des travaux d’entretien, vendre des meubles pour payer les dettes majorité des 2/3 des droits indivis
actes de disposition vendre l’immeuble, l’hypothéquer, consentir un bail rural ou commercial unanimité des indivisaires

attention : la majorité des deux tiers se calcule en droits, pas en têtes. deux indivisaires détenant chacun 20 % ne pèsent que 40 % ensemble, quand un seul indivisaire à 70 % dépasse le seuil à lui seul. les décisions prises à la majorité des 2/3 doivent être notifiées aux autres indivisaires, sinon elles leur sont inopposables.

que faire en cas de blocage ?

si un indivisaire refuse systématiquement de vendre alors que les autres le souhaitent, l’article 815-5-1 du code civil permet de passer outre : les indivisaires détenant au moins deux tiers des droits peuvent demander au tribunal judiciaire l’autorisation de vendre le bien. le juge vérifie que la vente ne porte pas une atteinte excessive aux droits du récalcitrant. la procédure prend en pratique de 12 à 24 mois.

indivision et achat immobilier à deux

pour les couples non mariés, l’indivision est le mode d’acquisition le plus simple : chacun devient propriétaire à hauteur de sa contribution, inscrite dans l’acte notarié. un couple qui finance 60/40 a tout intérêt à faire figurer ces quote-parts réelles, faute de quoi l’acte retient une répartition 50/50 par défaut.

côté financement, la banque exige presque toujours que les deux indivisaires soient co-emprunteurs solidaires : chacun est tenu de la totalité de la mensualité si l’autre fait défaut. avant de vous engager, comparez les taux immobiliers du moment : sur un achat en indivision comme sur un achat classique, quelques dixièmes de point font des milliers d’euros d’écart sur la durée du prêt.

bon à savoir : l’achat en indivision reste compatible avec les aides à l’accession. un couple de primo-accédants peut par exemple mobiliser le ptz 2026 sur sa résidence principale, chacun restant indivisaire à hauteur de sa quote-part.

protéger le survivant en cas de décès

l’indivision ne protège pas le concubin survivant : la quote-part du défunt part à ses héritiers, qui deviennent indivisaires avec le survivant. pour éviter cette situation, trois outils existent : la clause de rachat croisée, le testament (dans la limite de la quotité disponible) ou le passage en sci avec démembrement croisé des parts. un point à anticiper dès l’achat, pas au moment du drame.

sortir de l’indivision : les trois voies possibles

l’article 815 du code civil pose un principe clair : nul ne peut être contraint à demeurer dans l’indivision. le partage peut toujours être provoqué, sauf convention d’indivision en cours ou sursis judiciaire.

la vente du bien

solution la plus simple quand tout le monde est d’accord : le bien est vendu, le prix réparti entre indivisaires au prorata des quote-parts, après remboursement du capital restant dû sur le crédit en cours.

le partage amiable ou judiciaire

quand l’indivision porte sur plusieurs biens, les indivisaires peuvent se les répartir par lots, avec versement d’une soulte pour compenser les écarts de valeur. à défaut d’accord, le partage judiciaire s’impose, avec expertise et éventuellement licitation (vente aux enchères), une issue longue et destructrice de valeur à éviter autant que possible.

le rachat de soulte

un indivisaire rachète la quote-part des autres et devient seul propriétaire. la soulte se calcule simplement : valeur vénale du bien, moins le capital restant dû du crédit, multiplié par la quote-part rachetée. exemple : maison estimée 300 000 €, capital restant dû de 100 000 €, indivision 50/50. la soulte vaut (300 000 – 100 000) x 50 % = 100 000 €.

pour financer cette somme, l’indivisaire qui reste dispose de deux leviers : un nouveau prêt immobilier qui englobe le rachat du crédit en cours et la soulte, ou un prêt personnel si le montant reste modeste. la désolidarisation du co-emprunteur sortant doit être acceptée par la banque, qui réexamine la solvabilité du repreneur seul : son taux d’endettement doit rester sous les 35 % de revenus nets. certains employeurs proposent aussi des dispositifs de financement complémentaires, à l’image du prêt patronal, cumulables avec le prêt principal. le coût de l’opération dépend enfin directement du barème auquel le nouveau prêt sera signé : notre baromètre des taux immobilier 2026 détaille les niveaux par durée et par profil pour situer votre proposition.

combien coûte une indivision ?

l’indivision a un coût d’entrée, un coût de fonctionnement et un coût de sortie. le tableau ci-dessous récapitule les principaux postes en 2026 :

poste montant quand ?
convention d’indivision notariée environ 300 à 1 000 € à la signature
droit de partage 2,5 % de l’actif net partagé au partage
droit de partage réduit (divorce, rupture de pacs) 1,1 % de l’actif net au partage
émoluments du notaire sur rachat de soulte 7 à 8 % de la soulte environ (émoluments, débours et taxes) au rachat
charges courantes (taxe foncière, entretien, assurance) au prorata des quote-parts chaque année

le droit de partage de 2,5 % est souvent sous-estimé : sur un actif net de 200 000 €, il représente 5 000 € dus au fisc, en plus des frais de notaire. depuis 2022, il est abaissé à 1,1 % pour les partages consécutifs à un divorce ou à une rupture de pacs, un allègement bienvenu pour les séparations.

convention d’indivision : sécuriser la gestion à plusieurs

pour toute indivision durable, la convention d’indivision est l’outil de pilotage indispensable. rédigée par un notaire quand elle porte sur un immeuble, elle permet de :

  • nommer un gérant, indivisaire ou tiers, chargé de la gestion courante (encaissement des loyers, paiement des charges) ;
  • fixer la répartition des dépenses et des revenus entre indivisaires ;
  • verrouiller la stabilité : pendant la durée de la convention (5 ans maximum renouvelables), aucun indivisaire ne peut exiger le partage ;
  • organiser la sortie : droit de préemption entre indivisaires, modalités d’évaluation de la quote-part cédée.

coût modéré, sécurité maximale : pour une fratrie qui conserve la maison familiale ou des concubins qui achètent ensemble, ce document évite la plupart des contentieux.

indivision ou sci : quel choix pour un projet à plusieurs ?

la société civile immobilière est l’alternative classique à l’indivision. la sci offre une gouvernance plus souple (les décisions se prennent selon les statuts, pas à l’unanimité), une transmission facilitée par cession de parts et une meilleure protection du survivant via le démembrement croisé. en contrepartie, elle impose des formalités de création (environ 1 500 à 2 500 € avec les statuts notariés), une comptabilité et des assemblées annuelles.

en pratique : pour un achat simple à deux avec des quote-parts claires, l’indivision assortie d’une convention suffit largement. pour un patrimoine familial destiné à être transmis, ou dès trois indivisaires aux intérêts divergents, la sci devient vite plus confortable.

faq

qu’est-ce que l’indivision des biens ?l’indivision est la situation où plusieurs personnes sont propriétaires ensemble d’un même bien, chacune détenant une quote-part abstraite (50 %, un tiers…). elle naît le plus souvent d’une succession, d’un achat en commun hors mariage ou d’un divorce, et elle est régie par les articles 815 et suivants du code civil.

peut-on vendre un bien indivis sans l’accord de tous ?en principe, la vente exige l’unanimité. mais les indivisaires détenant au moins deux tiers des droits peuvent demander au tribunal judiciaire l’autorisation de vendre malgré le refus d’un indivisaire, sur le fondement de l’article 815-5-1 du code civil. la procédure dure généralement de 12 à 24 mois.

comment calculer une soulte en indivision ?la soulte se calcule ainsi : (valeur vénale du bien – capital restant dû du crédit) x quote-part rachetée. pour une maison de 300 000 € avec 100 000 € de crédit restant et une indivision 50/50, la soulte vaut 100 000 €. elle se finance par un prêt immobilier incluant le rachat du crédit en cours, ou par un prêt personnel pour les petits montants.

quel est le montant du droit de partage en 2026 ?le droit de partage s’élève à 2,5 % de l’actif net partagé dans le cas général. il est réduit à 1,1 % pour les partages faisant suite à un divorce ou à une rupture de pacs. il s’ajoute aux émoluments du notaire lorsque le partage porte sur un bien immobilier.

combien de temps peut durer une indivision ?l’indivision n’a pas de durée légale maximale : elle dure tant qu’aucun indivisaire ne provoque le partage. l’article 815 du code civil permet toutefois à chacun d’en sortir à tout moment, sauf convention d’indivision en cours (5 ans maximum renouvelables) ou sursis ordonné par le juge.

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